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Stratégie BIM · Gestion de l'information

Feuille de route BIM gouvernementale : le BIM devient la norme des projets publics au Québec

Le BIM n'est plus une expérimentation dans les projets publics québécois. Avec la mise à jour 2025 de la feuille de route gouvernementale, il devient une exigence qui se généralise, et la question pour chaque organisation n'est plus « si », mais « comment ».

De quoi il s'agit

Lancée en mars 2021 dans la foulée du Plan d'action pour le secteur de la construction, la Feuille de route gouvernementale pour la modélisation des données des infrastructures couvre la période 2021-2026. Elle est pilotée par la Société québécoise des infrastructures (SQI) et le ministère des Transports et de la Mobilité durable, avec six autres donneurs d'ouvrage publics : la Société d'habitation du Québec, Hydro-Québec, le Parc olympique et les villes de Montréal, de Québec et de Longueuil. Son objectif est d'établir une cadence d'implantation du BIM et d'en faire une exigence des projets d'infrastructure publique. Elle est actualisée chaque année au 31 mars ; la version 2025, rendue publique en août 2025, dresse le bilan de l'an 4 et fixe le plan d'action de la dernière année.

Ce qu'il faut retenir

Ce que ça signifie pour vous

Pour un donneur d'ouvrage public ou parapublic : les huit grands ont ouvert la voie, et les municipalités, réseaux de la santé et de l'éducation sont explicitement dans l'écosystème visé. Le travail à faire n'est pas d'abord technologique : c'est de définir vos exigences d'information, vos rôles et vos cadres contractuels, exactement les quatre priorités de la feuille de route.

Pour une firme de génie ou d'architecture : répondre à un appel d'offres public sans processus BIM structuré devient un handicap. La référence à l'ISO 19650 signifie que les plans d'exécution BIM, les exigences d'échange d'information et l'environnement de données commun vont devenir des attentes courantes, pas des options.

Pour un entrepreneur ou un gestionnaire d'actifs : la feuille de route insiste sur le cycle de vie complet et sur les formats ouverts. Les modèles et les données livrés en fin de chantier seront de plus en plus attendus dans un état exploitable pour l'entretien, pas seulement comme des dessins de référence.

Notre lecture

La feuille de route a réussi ce que peu de politiques publiques réussissent : créer un volume réel de projets et une gouvernance commune entre huit organisations qui, autrement, auraient chacune inventé leur BIM. C'est sa grande force.

Sa limite est tout aussi claire. Les cibles restent propres à chaque organisme, et le document ne fixe pas encore d'exigences uniformes pour les fournisseurs. Le fardeau de l'interprétation retombe donc sur les firmes et les entrepreneurs, et la feuille de route elle-même reconnaît que l'accompagnement des PME, l'interopérabilité et les compétences numériques sont les prochains chantiers.

Notre conseil : ne pas attendre la version 2026 pour agir. La direction est connue, ISO 19650, formats ouverts, information exploitable jusqu'en exploitation. Une organisation qui définit dès maintenant ses exigences d'information et ses rôles sera prête quand ces attentes deviendront contractuelles. Celle qui attend se retrouvera à improviser projet par projet.

Ce sujet relève directement de notre expertise en Stratégie BIM et gestion de l'information. Discutons de ce que cela pourrait changer dans votre organisation.

Sources : Feuille de route gouvernementale pour le BIM, actualisée au 31 mars 2025, Société québécoise des infrastructures ; communiqué du gouvernement du Québec, 5 août 2025.

Christian Glaude

Christian Glaude
Stratège BIM-IA et transformation numérique, fondateur de ConsultantsBIM