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Gestion de l'information · ISO 19650

ISO 19650 : la gestion de l'information BIM est maintenant normalisée au Canada

Pendant des années, « faire du BIM selon l'ISO 19650 » relevait du choix de chaque organisation. Ce n'est plus le cas : la série est devenue une norme nationale du Canada, et les huit grands donneurs d'ouvrage publics du Québec ont convenu de l'implanter. Voici ce que ça change dans un projet, sans cours de normalisation.

De quoi il s'agit

En 2024, un comité technique conjoint coordonné par le Groupe CSA et l'Office des normes générales du Canada a adopté et publié les parties 1 à 5 de l'ISO 19650 comme normes nationales du Canada, sous la désignation CAN/CGSB/CSA-ISO 19650 (édition « :24 »). Ce sont des adoptions sans modification de la norme internationale : concepts et principes (partie 1), phase de livraison des actifs (partie 2), phase d'exploitation (partie 3), échange d'information (partie 4) et gestion de l'information axée sur la sécurité (partie 5).

Le 13 décembre 2024, le comité directeur de la Feuille de route gouvernementale pour le BIM a entériné, en présence des huit donneurs d'ouvrage publics signataires, une recommandation visant à soutenir et à implanter cette série dans leurs organisations. Le déploiement pourra être progressif, mais la direction est prise : la gestion de l'information des projets publics québécois s'alignera sur l'ISO 19650.

Ce que ça change concrètement

Ce que ça signifie pour vous

Pour un donneur d'ouvrage : le premier travail vous appartient. Sans exigences d'information écrites, la norme ne s'applique à rien. Commencez par vos besoins d'exploitation, ce sont eux qui justifient tout le reste, puis remontez vers les exigences de projet.

Pour une firme de génie ou d'architecture : vos processus internes doivent pouvoir répondre à des exigences formelles, produire un plan d'exécution BIM cohérent et livrer dans un environnement de données commun selon des états et une nomenclature imposés. C'est de l'organisation avant d'être de la technologie.

Pour un entrepreneur ou un gestionnaire d'actifs : la partie 3 traite de la phase d'exploitation. Les informations remises à la fin du chantier sont destinées à alimenter la gestion des actifs, et elles seront évaluées sur ce critère, pas sur la beauté du modèle.

Notre lecture

La normalisation ne crée pas de nouvelles bonnes pratiques : elle donne un vocabulaire commun à celles qui existaient et rend leur absence visible. C'est le vrai changement. Un donneur d'ouvrage qui n'a pas d'exigences d'information, une firme qui n'a pas de méthodes de production documentées, un environnement de données commun qui n'existe que sur papier : tout cela devient constatable, et contractuel.

La recommandation de la feuille de route est réaliste sur un point important : elle reconnaît que des organisations ont développé des pratiques non alignées et qu'il faudra de l'éducation et de l'encadrement des deux côtés, donneurs d'ouvrage comme industrie. Le déploiement sera progressif. Mais « progressif » ne veut pas dire « facultatif ».

Notre conseil : ne pas acheter la norme pour la lire de la première à la dernière page. Prendre un projet réel, y appliquer les cinq questions de base, quelles informations, pour qui, quand, dans quel espace, validées comment, et mesurer l'écart avec la pratique actuelle. L'écart, c'est votre plan de travail.

Ce sujet relève directement de notre expertise en Stratégie BIM et gestion de l'information. Discutons de ce que cela pourrait changer dans votre organisation.

Sources : Recommandations sur l'adoption de la série de normes CAN ISO 19650 par les DOP, Feuille de route gouvernementale pour le BIM, version approuvée le 13 décembre 2024 ; Documentation et normalisation, Société québécoise des infrastructures ; CAN/CGSB/CSA-ISO 19650-1:24, Groupe CSA.

Christian Glaude

Christian Glaude
Stratège BIM-IA et transformation numérique, fondateur de ConsultantsBIM